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La Peau de l'Autre

« La peau de l'autre » est un projet de comédie musicale sur les discriminations, soutenu par la Mairie de Paris, mettant en scène 25 jeunes collégiens et lycéens encadrés par des professionnels. La représentation tout public de cette comédie musicale aura lieu le 30 avril à l'Espace Reuilly, dans le 12e arrondissement, dans le cadre de la semaine de l'égalité. Les répétitions ont aussi lieu majoritairement dans le 12e arrondissement, à la Maison des Ensembles.
Nous sommes allés rencontrer cette petite troupe à la Maison des Ensembles, lors de leurs répétitions, interviewer ces jeunes artistes, ainsi que Bernard MARSAN, metteur en scène et Vincent BRANCHET , directeur de la Maison des Ensembles.

Ophélie, Manon, Mawuena, Kevin, Mathilde et Alex, jeunes artistes de « La peau de l'autre », ont répondu à nos questions.


Comment vous est venue l'idée de passer l'audition ? Pratiquiez-vous déjà un art ou un loisir artistique auparavant ?

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Ophélie : J'ai passé l'audition avec une amie. Nous aimons beaucoup la musique et nous aimons chanter. Au quotidien je fais de la flûte traversière.
Manon : J'ai pris connaissance de ce projet par le bais d'affiches dans mon lycée. Je faisais déjà partie du club de théâtre et je me suis dit que ca pouvait être une façon de rencontrer d'autres personnes. De plus, mes autres sœurs sont déjà dans la branche artistique donc j'ai voulu tenter ma chance !
Mawuena : Moi je faisais déjà du hip-hop. C'est mon professeur de danse qui m'a parlé de ce projet.
Kevin : C'est une amie qui m'a parlé de l'audition. Je ne pratique pas de loisirs artistiques auparavant et je pense que c'est en danse et en chant que je me sens le plus à l'aise.
Alex : Pour moi ça fait trois ans que je suis dans la comédie musicale. J'ai commencé quand le projet a démarré à Reims. Avant ça je faisais déjà un peu de musique et je chantais.
Mathilde : C'est aussi la troisième année que je participe au projet. Parallèlement à ça, je fais de la danse, du chant et du théâtre depuis toute petite.

 

Comment travaillez-vous au jour le jour ? Vous répétez principalement pendant les vacances, et parfois le week-end, puisque vous êtes en cours le reste du temps... Comment se passe l'organisation ?

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Manon : nous répétons un samedi sur deux et une semaine pendant les vacances. Donc ca ne gène pas trop le rythme scolaire et nous travaillons nos cours entre deux scènes à répéter. 
Mawuena : on travaille aussi la pièce de chez nous, pour se perfectionner...

Ophélie : C'est un gros rythme de travail, mais nous sommes passionnés par ce que nous faisons.
Alex : Moi je passe mon Bac cette année, mais j'arrive quand même à trouver du temps pour réviser.
Kevin : je suis content d'être là et de ne pas passer mes vacances à ne rien faire.


Le sujet de votre comédie musicale c'est principalement celui de la discrimination. Qu'en pensez-vous ? Que ressentez vous à l'idée de participer à un projet sur ce thème fort ?

Manon : moi je trouve ça important parce qu'on peut toujours être confronté aux discriminations dans la vie. On nous en parle à l'école mais que ce soit dans un spectacle joué par des jeunes ca permet peut être de toucher un public plus jeune et de mieux transmettre le message.
Ophélie : le racisme et la discrimination existent encore chez les jeunes. J'espère que notre spectacle contribuera à faire passer le message plus directement.
Mawuena : ce qui est intéressant c'est que l'histoire du spectacle se passe dans un lycée. Du coup, les autres jeunes pourront peut être s'identifier aux personnages.
Alex : les années précédentes j'ai reçu des messages de gens qui étaient très touchés par le sujet de la comédie musicale après les représentations. Beaucoup de lycéens se sont reconnus dans notre histoire... Donc oui, je pense qu'il peut y avoir des conséquences sur le public.

 

Bernard Marsan, metteur en scène

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Comment avez-vous eu l'idée de créer ce projet « La peau de l'autre », que vous aviez déjà mis en place à Reims, pendant deux ans auparavant?
En fait c'est presque une commande. On avait envie de parler d'une manière générale de l'injustice et on en est arrivé aux discriminations grâce à la rencontre avec un responsable en lutte contre les discriminations à la Mairie de Reims, qui nous a proposé d'écrire un projet. Du coup on s'est lancé dans l'aventure !

Quels sont vos objectifs principaux dans la mise en place de ce projet ?
C'est beaucoup de choses à la fois. On parle de la maladie, de la couleur de peau... La LICRA (ligue internationale contre la racisme et l'antisémitisme) recense 18 sortes de discriminations ! On ne peut évidemment pas traiter des 18 mais on essaie de parler des plus aigues, de celles qui font peut être le plus mal et surtout de celles qui se situent dans le milieu lycéen. Ce qui est intéressant c'est de monter cette comédie musicale avec des jeunes qui sont directement concernés : ce sont de vrais acteurs. Ils attrapent le sujet mieux que des comédiens puisque ce sont déjà des acteurs et l'acteur n'a pas forcément besoin de jouer, il EST.
Et même la partie technique (accessoires, maquillage, costumes, coiffure...) mais aussi image (des jeunes d'une école de cinéma vont nous faire le making of) sont dans cette même configuration puisqu'ils ont le même âge...

Justement, de jeunes étudiants en coiffure, maquillage et costume participent aussi au projet. Sont-ils eux aussi encadrés par des professionnels ou gèrent-ils seuls ces aspects techniques ?
Ces jeunes, qui viennent du lycée Elisa Lemonnier dans le 12e arrondissement (qui compte des spécialités en coiffure, esthétique-cosmétique, mode...), sont tous encadrées par des professionnels. Nous sommes très axés sur le 12e arrondissement car nous sommes des anciens habitants de cet arrondissement et que nous y sommes très attachés. Nous répétons d'ailleurs à la Maison des Ensembles, rue D'Aligre, qui a mis à notre disposition des salles de danse vraiment adéquates. Nous pouvons donc répéter dans les meilleures conditions possibles.

Comment se passent les répétitions ? Les jeunes ont une liberté de création ? Ils participent à la mise en scène avec vous ?
J'espère vraiment que les jeunes trouvent un véritable espace de création à travers ce projet. En tout cas, c'est mon but. C'est vraiment LEUR projet, même si je me place en chef de file. J'aime quand ils inventent et qu'ils créent leurs personnages. On leur donne évidemment des directions sur leurs personnages mais ils y ajoutent ce qu'ils veulent ...


Question pour Vincent Branchet, directeur de la Maison des Ensembles.

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La Maison des Ensembles accueille une grande partie des répétitions de « La peau de l'autre ». Qu'est ce qui vous tenait à cœur dans ce projet particulièrement ?
Ce qui nous tenait à cœur, à la Maison des Ensembles, c'est bien sûr tout le travail sur les discriminations. C'est un travail que nous aussi, à la Maison des Ensembles, avec la ligue de l'enseignement, on essaie de mener, à travers diverses actions sur ce sujet. Nous avons aussi été touché par la volonté de travailler atour d'un public jeune puisqu'ils travaillent avec des collégiens et des lycéens. Les objectifs de ce projet se rapprochent de ceux que nous développons et il nous a donc semblé logique de leur ouvrir les portes de la Maison des Ensembles.

Est-ce que les répétions de ce projet à la Maison des Ensembles ont un impact sur vos activités et votre public ? Les jeunes qui fréquentent votre établissement se sont-ils intéressés au projet ?
Pour le moment, les jeunes qui fréquentent la Maison des Ensembles n'ont pas encore pu voir des répétitions de la Peau de l'Autre. Nous travaillons en ce moment avec un groupe de jeunes qui réalisent un court-métrage et ils ont croisé pour la première fois les jeunes de la Peau de l'Autre au sein du bâtiment. Ils ont été curieux de savoir sur quoi ce nouveau groupe de jeunes travaillait... Je pense que les contacts vont se faire ensuite assez naturellement. Ce genre de rencontres entre des jeunes qui ne viennent pas du même quartier et qui travaillent sur des sujets différents peut s'avérer très formatrices...

 

 



 
 
 

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